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L’audio pour la vidéo
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Nous vous proposons dans ce dossier, un petit tour d’horizon de la gestion de l’audio pour la vidéo, à savoir, comment aborder cette discipline sans entrer dans des considérations techniques trop complexes mais en considérant trois points qui permettent d’optimiser le résultat : l’analyse du projet, le choix du matériel et l’utilisation de ce matériel.
 

1. L'analyse du projet

Deux questions sont incontournables dans l’approche de l’audio pour la vidéo :

  • Quelle est la destination du film ou de la vidéo en terme de diffusion ?

Un opérateur gérant seul la captation audio et vidéo d’un film qui sera posté sur Youtube et visionné principalement sur un Smartphone, pourra se permettre de se simplifier la tâche en enregistrant l’audio directement sur la caméra par exemple et ainsi faire quelques économies sur le poste « audio ».

Au contraire, la production d’une pub destinée à une diffusion télé, d’un court/moyen/long métrage diffusé dans une salle de cinéma ou sur tout système de diffusion précis, ne pourra se passer d’un opérateur dédié à la captation audio sur un enregistreur externe.

  • Quelles sont les conditions de tournage et donc de la captation de l’audio ?

L’environnement du tournage est très important. On adaptera en effet le matériel et les techniques s’il s’agit d’un tournage en intérieur ou en extérieur, d’un tournage statique ou nomade…

Prenons l’exemple d’une captation d’interview en intérieur. On sera dans un premier temps, soucieux de repérer les sources sonores parasites (climatisation, machine électrique, fenêtre ouverte…). On aura tendance à privilégier un système audio filaire, plus sûr et plus précis, en prenant garde de séparer les câbles audio des câbles d’alimentation (surtout lumineuse). On pourra choisir une prise de son de proximité avec un micro cravate et/ou un micro canon sur pied.
Dans le cas d’une captation nomade en extérieur, il faudra surveiller en permanence les bruits parasites (bruit de la rue par exemple) pour qu’ils ne s’imposent pas au premier plan. On choisira un système sans fil, plus pratique mais aussi plus onéreux avec une prise de son au plus près de la source sonore : micro à main, micro cravate ou deuxième opérateur avec une perche et un micro canon. Des systèmes HF, avec micro intégré à l’émetteur, sont récemment apparus : Rode Wireless Go et Saramonic Blink. Moins discrets qu’un micro cravate traditionnel, ils proposent néanmoins une très bonne qualité audio, la compacité, la polyvalence et surtout une installation instantanée, souvent très utile sur des projets nomades.

                             

 

2. Le choix du matériel

Le micro

Le micro est le premier élément de la chaîne de la captation sonore. Le micro qui répond à toutes les situations n’existe pas.
Les principales familles de micro utilisées dans la vidéo sont les micros cravate, les micros à main et les micros canon.
La caractéristique principale d’un micro est sa directivité. Celle-ci représente l’angle d’action du micro.
Les micros omnidirectionnels captent le son provenant de toutes les directions. La plupart des micros cravate sont omnidirectionnels et très utilisés dans les interviews et les captations de voix d’acteur en raison de leur discrétion et proximité de la source sonore.

Les micros cardioïdes captent uniquement le son en provenance de l’avant de la membrane et sont peu sensibles aux bruits de fond et aux réflexions de l’espace. Peu discrets, ces micros restent néanmoins très utiles pour des captations de voix dans des contextes bruyants.

Les micros canon se caractérisent par une directivité supercardioïde ou hypercardioïde. Cette directivité très accentuée leur permet d’annuler une grande partie du son hors axe (surtout les hautes fréquences).

Enfin, les micros stéréo, généralement constitués d’un couple de micro X/Y cardioïde, sont utilisés pour la captation d’ambiance, de musique…

Les exemples proposés ci-dessus ne sont qu’à titre indicatif. Le choix d’un micro (et de sa directivité) est assez personnel et se juge au cas par cas, selon que l’on souhaite de la proximité, ajouter de l’ambiance. Des combinaisons de micro peuvent s’avérer intéressantes.

 

L'enregistrement

Le deuxième élément de la chaîne de captation sonore est l’enregistrement. Pour cette partie, deux possibilités se présentent à nous :

  • l’enregistrement en interne, c’est à dire, directement sur la caméra,

  • l’enregistrement en externe : sur un enregistreur numérique indépendant de la caméra.

Le choix de la première option dépendra des caractéristiques audio de la caméra (connectivité, contrôle audio…). Généralement, les DSLR et Hybrides possèdent une entrée micro au format « Jack 3.5mm » adaptée à l’utilisation d’un micro cravate (HF ou filaire) ou d’un micro type cardioïde, supercardioïde, passif ou actif. Une limite est donc posée à ce format d’entrée et à un seul micro à la fois.

Nous pouvons cependant contourner cette limite par l’utilisation d’un mixeur audio externe qui permet de connecter jusqu’à 2 voire 3 micros et d’utiliser des micros « plus professionnels » en connexion XLR. Ces mixeurs peuvent être passif (réglage du gain du micro uniquement) ou actif (pré-amplification du signal, alimentation Phantom, filtres…).

Certaines caméras offrent des fonctionnalités audio plus poussées : connexion jack 3.5mm, 6.35mm ou XLR, filtres, réglages de gain, alimentations… Toutefois le nombre d’entrée reste limité.

La deuxième option, l’enregistreur numérique externe, offre une meilleure qualité audio en raison des pré-amplis et convertisseurs analogique/numérique supérieurs à ceux implantés dans les caméras. On trouve, suivant les modèles, toutes les connexions, des alimentations Phantom, des filtres, des pré-traitements du signal (compresseur, limiteur…) et la possibilité d’enregistrer plus de micros en simultané.

Dans cette option, l’audio se trouve détaché de l’image et il faudra donc synchroniser au montage les 2 sources. Des outils existent, au delà de l’indémodable « clap » : l’enregistrement de time-code pour certains, des fonctions de synchronisation automatique dans de nombreux logiciels de montage.

 

 

L'écoute

Au même titre que l’on a en permanence un œil dans le viseur ou sur l’écran de contrôle, il est indispensable d’avoir une oreille sur la prise de son pour détecter les bruits parasites, une ambiance trop présente, la saturation du micro, le souffle ou les « pops » d’une voix, le vent…
Le dernier élément de cette chaîne de captation est le casque audio, qui peut avoir différentes caractéristiques (semi-ouvert, fermé). Le choix d’un casque est assez personnel (esthétique, confort…) mais plus l’écoute est fidèle à la captation et plus on est à même d’identifier l’indésirable.

 

3. L'utilisation du matériel

Le placement du micro

Le micro cravate se fixe à l’aide d’une pince sur les vêtements. Il est positionné capsule vers le haut, de façon centrale à une distance de 15 à 20 cm de la bouche. Ce micro étant omnidirectionnel, il n’y aura pas d’incidence sur le son si la personne tourne la tête en parlant. Une attention particulière est à porter aux frottements éventuels sur le micro (cravate, écharpe, cheveux…). C'est le cas par exemple du système de fixation InvisiLav de Røde.

Dans le cadre d’une fiction, il faudra déployer de l’ingéniosité pour masquer le micro (sous un pull, sous le col d’une chemise, dans la coiffure…) tout en optimisant la captation.

Le micro à main, de par sa directivité, doit être dirigé vers la bouche du locuteur à une distance d’une vingtaine de centimètres maximum tout en prenant soin de ne pas masquer le visage à l’image.

Le micro canon doit être positionné au plus près de la source sonore en restant évidemment en dehors du cadre de la caméra. Il doit pointer la source, si possible par le haut (on limite ainsi les bruits de bouche, les souffles…). Il peut être fixé sur un pied pour une interview statique ou sur une perche portée par un opérateur. Pour des raisons de compacité et de mobilité, il peut être fixé directement sur la caméra.

Dans tous les cas, il doit être installé sur un support appelé « suspension », comme les suspensions SM4-R de Røde. En effet, ce micro est très sensible aux chocs ou frottements de main, de câble, sur le corps du micro et ces bruits parasites apparaîtront à l’enregistrement. Il est donc indispensable de l’isoler de son environnement immédiat.

Dans la même idée, l’utilisation d’une perche en carbone, comme la Boompole Pro de Røde, au delà du confort dû au faible poids, est préférable car le carbone est moins conducteur de frottement et résonance que l’aluminium.

Pour tous les types de micro, un système anti vent est impératif pour une captation en extérieur voire même en intérieur dans certains cas. S’adaptent selon les micros, des bonnettes en mousse ou des fourrures synthétiques.

Le niveau d'enregistrement

Les « bargraphes audio » indiquent le niveau du signal sonore. Cette indication s’exprime en décibel (dB) et est comprise entre -50dB et 0dB.

Comment optimiser le réglage du niveau d’un micro ?

Si on règle le niveau du micro trop bas, il faudra augmenter le volume de la prise en postproduction et de ce fait, on augmentera aussi le bruit de fond.
Au contraire, si on règle le niveau du micro trop haut, le signal viendra s’écraser et plafonner à 0dB (le maximum) ce qui se traduira par une saturation désagréable et irréversible du son.
Les codes couleur des bargraphes sont explicites. L’idée est donc de placer le niveau du micro le plus haut possible (car plus le niveau est haut et plus les convertisseurs analogique/numérique sont performants) donc sur le haut de la zone orange et à l’entrée de la zone rouge (autour de -10dB) tout en limitant les « peaks »  c’est à dire, les moments où l’on vient flirter juste en dessous du 0dB. Il faut se garder une marge de sécurité de quelques dB pour optimiser la captation sans la saturer.
Certaines caméras et certains enregistreurs externes proposent des outils tels que les limiteurs et les compresseurs qui permettent de placer un seuil sur le niveau du signal et ainsi se prémunir contre les risques de saturation. Il faut toutefois être précis dans le réglage de ces paramètres pour ne pas dénaturer la source sonore.
Il existe aussi dans les logiciels de montage audio et vidéo, des outils très utiles dans le traitement du son, notamment les « dénoiseurs » qui permettent, dans une certaine mesure, d’atténuer un bruit de fond pour rendre la source plus intelligible. Encore une fois, à gérer avec précision.

 

C'est à vous

Sans prétendre devenir ingénieur du son, porter une attention particulière aux spécificités de tel ou tel matériel, de telle ou telle technique, le tout allié à la créativité peut révéler l’harmonie entre ce que l’on voit et ce que l’on entend et ainsi magnifier l’ensemble.

 

Découvrez également notre article Bien s'équiper pour la vidéo reflex et hybrides.

 

Dernière mise à jour le 08/05/2021  (SL)

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