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Christophe Huet

Christophe Huet, la retouche au service de la créativité photographique

Digixo Passion Photo : Comment êtes-vous arrivé à la photographie puis à la retouche?

Christophe Huet : Je suis arrivé à la photo par le biais de la musique. J’ai voulu être ingénieur du son et à Louis Lumière j’ai finalement été pris en section photo… Le métier de reporter me tentait bien. J’ai un peu essayé mais j’ai rapidement trouvé une place de développeur à Picto, un des plus grands laboratoires de Paris à l’époque. J’ai été un an au développement E6, un an au C41 puis un an au noir et blanc, et encore un an au tirage couleur. Le tirage couleur traditionnel me semblait limité et comme j’aimais dessiner, je me suis dirigé vers la retouche qui en était encore à ses débuts, en passant d’abord par le scan, toujours chez Picto.

 

DPP : Comment vous êtes-vous formé, notamment sur la retouche ?

CH : Au début on m’a laissé me débrouiller avec Photoshop (V4.0) mais je ne comprenais pas bien l’utilité de certains outils, comme le tampon par exemple que je trouvais gadget… C’était dire mon ignorance ! Puis peu à peu, je me suis familiarisé avec Photoshop. Et puis j’ai travaillé aussi sur Live Picture, un autre logiciel assez intuitif mais qui a malheureusement disparu depuis pas mal de temps. Le reste s’est fait en collaborant avec des photographes et des directeurs artistiques. C’est très stimulant de travailler en équipe.

 

DPP : Comment vous définiriez-vous : photographe, artiste, artisan, créateur, ...?

CH : C’est plus facile de dire ce qu’on n’est pas que ce qu’on est. Je dirais artisan.

 

DPP : Comment abordez-vous votre travail de créateur / retoucheur pour les projets qui vous sont confiés?

CH : Le processus peut parfois être assez différent suivant les projets.

Le travail de retouche numérique s’est très diversifié au fil des ans et la relation photographe-retoucheur a aussi beaucoup évoluée car la 3D a fait son apparition dans le processus de fabrication d’image et de manière plus globale est venue bousculer une partie des métiers de la photo.

En ce qui nous concerne, dans la majorité des cas, la demande passe par une agence de publicité qui, elle même, a planché sur une création sous forme de dessin ou maquette pour répondre au brief d’un annonceur. Le travail du retoucheur va être d’assembler les différentes sources d’images pour n’en faire qu’une seule, comme si cette image finale avait toujours existée. Ainsi, un projet va soit nécessiter un photographe soit un graphiste 3D (non pas pour faire du relief mais pour générer l’image par ordinateur c’est à dire « CGI » Computer Generated Image en anglais) avant que la retouche s’en mêle. Parfois les deux (3D et Photo) se mélangent. Ce qui complexifie encore plus la retouche car les fichiers sources de l’un et de l’autre sont toujours très différents.

En effet, photographes et Graphistes 3D doivent se caler ensemble en terme de lumière, d’objectif, d’angle et de perspective, ce qui est assez nouveau pour les photographes et parfois perturbant car ils doivent faire avec ce nouvel outil assez difficile à comprendre. Le retoucheur va devoir rendre possible ce mélange grâce à uniformisation des grains, des contrastes, des tonalités… En tant que dirigeant de studio de retouche et 3D, je dois faire en sorte que cette collaboration fonctionne car nous sommes avant tout là pour trouver des solutions à des demandes créatives de plus en plus complexes.

 

DPP : Vous avez aujourd'hui développé une expertise très reconnue dans le domaine de la retouche photo, tant sur des travaux personnels que des projets avec des marques, quelle est votre inspiration derrière ce travail artistique, qu'en retirez-vous ?

CH : C’est très difficile de parler de l’origine de l’inspiration. Lorsqu’il s’agit d’une commande d’agence, l’idée de départ a déjà un souffle qu’il faut comprendre avant de l’accompagner pour ne pas le dénaturer ; alors on peut simplement l’amener là où il peut aller. Je n’aborde pas de la même manière une image dite « corporate » ou institutionnelle et une pub pour Ray Ban par exemple. Les images corporates (banques, assurances…) sont souvent lisses et relativement conventionnelles et doivent rester dans un schéma type. Ce qui correspond à une demande. Il y a d’autres images plus créatives qui permettent au retoucheur de se lâcher un peu plus pour s’exprimer et partager ses propres idées avec le directeur artistique et le photographe (quand il y en a) pour tenter d’exploiter au mieux le potentiel créatif de l’image.

Concernant les travaux personnels, les idées arrivent presque toujours spontanément, ou parfois suite à une discussion au sein de l’équipe où chacun peut émettre son opinion. Une idée peut aussi venir à partir d’une photo personnelle dont l’ambiance stimule l’imagination. Dans certains cas, j’estime qu’il est important d’aborder tel ou tel sujet ou technique pour montrer à nos clients qu’on est capable de le faire (par exemple, des paysages de neige en 3D, la végétation, les liquides ou autres particules comme la fumée, les explosions…). Prendre du temps pour s’aérer, aller au musée, partir en voyage, se poser, tout cela aide à se rendre disponible au moment voulu.

 

DPP : Vous êtes président du concours photo Digixo  "21/12/12 : photographier la fin du monde...", quels conseil donneriez-vous aux photographes/ retoucheurs qui vont participer à ce concours ?

CH : En tout premier lieu, ne vous censurez pas. Car c’est là le premier frein à la création. Ne vous lancez pas dans une image trop compliquée si vous n’en êtes pas vraiment capable (genre refaire une image du film 2012 au moment où tout s’écroule). N’hésitez pas à surprendre, à prendre des risques d’interprétation, à suggérer sans forcément tout montrer. Evitez le côté trop illustratif (souvent dû à un montage d’images dont les lumières sont très différentes et qu’on essaie de rattraper tant bien que mal). Ne cachez pas l’image derrière un effet, c’est à dire, ne comptez pas que sur l’effet pour faire une image (genre ciel dramatique ou utilisation du passe-haut pour compenser un manque d’idée. Bref, évitez les recettes toutes faites.

 

DPP : Quels sont vos projets artistiques pour les prochains mois ?

CH : Je ne connais pas à l’avance les projets des agences mais en ce qui concerne les projets personnels à venir, ils auront sûrement un rapport avec le travail sur les particules et peut-être sur des sujets plus naïfs ou encore des images concernant le luxe et enfin pourquoi pas sur des images animées.

Dernière mise à jour le 28/12/2016

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