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Wilfried Antoine Desveaux

Interview de photographe : Wilfried Antoine Desveaux

Wilfried Antoine Desveaux, fait partie de ces photographes qui peuvent vous parler pendant des heures des émotions vécues par chacune de leurs photos et embrayer sur les dernières nouveautés matériel. Tout ce qui touche au monde de la photo, quelque en soit la forme le passionne !

Nous avons découvert récemment son dernier portfolio dédié à un voyage en Inde et lui avons posé quelques questions sur son travail et ses projets en 2014.

Digixo Passion Photo : Comment êtes-vous arrivé à la photographie ?

WD : Bonne question ! Je ne sais pas si je suis venu à elle, ou c’est l’inverse ! du reste j’ai toujours eu besoin de laisser s’exprimer ma part lunaire. Par manque de moyens, ma mère n’a pu m’offrir des cours de musique, l’art qui me touche le plus. Il aura fallu mes 20 ans et mes premières paies pour me lancer dans l’acquisition d’un reflex, à l’époque un Minolta, argentique bien sûr, un 500Si Super. J’ai immédiatement été mordu, et je l’ai vite délaissé pour un Contax, mais j’arrête ici la liste des appareils que j’ai utilisé l’interview se transformerait en Nil.

DPP : Comment vous êtes-vous formé ?

WD : Tout seul, et ce n’est pas évident. Beaucoup de lectures techniques, Réponses Photo, et j’avais hérité d’un stock fabuleux de vieux “Photo-Reporter” une revue géniale, il y a longtemps disparue. Les livres photo, je les ai mangé par centaines, j’ai pu observer les maîtres, leurs techniques, leurs façons de composer, de voir le monde et cela a surtout eu l’avantage de former mon oeil, de repérer immédiatement une bonne photo d’une mauvaise. Et j’ai aussi bien embêté les vendeurs du boulevard Beaumarchais, beaucoup m’ont pris de haut à l’époque, mais certains, les anciens d’ailleurs, plus patients et moins “vendeurs” m’ont offert leurs connaissances.

 

DPP : Quel est votre matériel photo fétiche ?

WD : J’utilise actuellement un compact Nikon A, excellent malgré quelques incohérences, je le trouve formidable. Il est accompagné d’un Sigma DP2 Merrill, probablement, l'appareil photo le moins sexy (et le plus lent, insupportable, etc..) que j’ai jamais eu le loisir d’utiliser, mais quand on lui donne de la lumière, la qualité est incroyable. Mais bon mon chouchou depuis 4 ans maintenant est un Canon Eos 5DII, accompagné du merveilleux Sigma 35mm F1,4 ART, un objectif génial, et du Canon 85mm F1,2 L USM II, dont le piqué est incroyable et les transitions net-flou sublimes.

DPP : Comment vous définiriez-vous comme photographe et artiste ? Qu'est-ce qui vous inspire ?

WD : Artiste, je commence à peine à admettre l’idée que je puisse l’être, mais force est de constater que je me ressens de plus en plus auteur. Le tout sans prétention, mais j’assume désormais ma vision personnelle du monde. Mes inspirations je les tire de la peinture, hollandaise surtout, et bien sûr de grands photographes tels qu’Alec Soth, Stephen Shore, Joel Sternfeld, Harry Callahan, Raymond Depardon, Lee Friedlander pour ses autoportraits, August Sander et Stéphane Passet pour ses autochromes des années 1910.

DPP : Vous avez récemment présenté un nouveau portfolio sur un voyage en Inde qui s'est déroulé il y a plus de 5 ans, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

WD : A mon retour d’Inde j’ai appris que j’avais la dengue, j’ai été hospitalisé à la Salpétrière, perdu 10 kg et eu l’impression pendant de (trop) longues semaines que j’avais 90 ans. J’ai donc mis ces images un peu à distance, et quelques mois plus tard je les ai enfin regardées, sélectionnées et travaillées. J’en ai présenté une sélection aux Portes Ouvertes des Ateliers de Belleville en 2010 et vendu quelques tirages. Puis elles sont reparties dormir. Mais au fond j’avais l’impression d’être passé à côté d’elles, alors je les ai à nouveau regardées en 2013, toutes, celles que j’avais gardées et les rushes, et ma façon de travailler les images ayant évolué, mon regard aussi d’ailleurs, j’ai découvert des images que j’avais délaissées, et j’ai mis au placard certaines qui me plaisaient à mon retour de voyage. Alors si je retiens quelque chose de cette expérience, c’est de ne pas jeter les images qui ne vous séduisent pas immédiatement, de travailler en RAW, de regarder régulièrement vos rushes et de laisser venir les images à vous et non l’inverse.


DPP : Quand vous avez travaillé sur ce portfolio en 2013, avez-vous ressenti les mêmes émotions qu'au moment des prises de vue ?

WD : Non je ne crois pas, je me souviens de chaque déclenchement, du moment de la prise de vues, mais l’émotion est différente, l’Inde est un pays bouleversant, et travailler devant son écran, en France, au chaud, c’est complètement différent.

DPP : Le mot que nous vient à l'esprit en regardant ce portfolio « Delhi to Delhi », en particulier les portraits, est « RENCONTRE » : la rencontre avec des indiens dans leur environnement qui regardent l'objectif comme en conclusion d'une discussion ; serait-ce un mot adapté à votre démarche photographique ?

WD : Je le prends comme un compliment, la crainte qui est mienne serait de transmettre une sensation d’exotisme, de se dire que “l’autre” est photographié car différent et exotique. Partout je ne vois que des hommes dans un monde donné, mais je vais autant à eux, qu’eux à moi, je ne me sens ni chasseur, ni voleur d’images. Pour beaucoup de ces portraits, les gens sont venus à moi, ont posé puis sont repartis sans même voir le résultat sur l’écran. Cela m’a surpris au début, mais je crois comprendre leur point de vue.

DPP : Le portrait semble être votre domaine de prédilection, mais y-a-t-il d'autres genres photographiques qui vous touchent ?

WD : Oui bien sûr. Bien que l’homme soit au centre de ce m’intéresse, autant dans le monde du travail, de l’émigration, des paysages industriels, l’homme est au centre de mes préoccupations, autant par son “oeuvre” que par son absence.


DPP : Une nouvelle année a commencé il y a peu, quels sont vos projets photographiques pour 2014 ? des voyages ? De nouvelles expériences photographiques ?

WD : Voyager cette année sera difficile, être photographe indépendant, père de famille, ne permet pas de s’offrir le loisir de beaucoup voyager, mais je ne désespère pas. Cette année sera consacrée à développer mon réseau professionnel, trouver de nouveaux clients, dans l’industrie, mais aussi dans l’éditorial, j’ai très envie de réaliser des commandes pour la presse. Concernant mes projets personnels je compte bien terminer un sujet sur les enseignants que j’ai démarré en 2013, je poursuis également une série de portraits très simples d’une personne dans le même cadre une fois par an, et mettre en place une série sur les routes nationales délaissées.

DPP : Pouvez-vous choisir pour nous 5 photos que vous avez fait qui vous touchent particulièrement et nous les commenter brièvement ?

WD :

Haridwar, Inde, 2007.

J’aime faire des images sans réel instant décisif, ni vrai sujet, je crois que le photographe a le pouvoir de donner un intérêt à une scène, d’apparence simple, par le cadrage et un point de vue.

Varanasi, Inde, 2007

Un homme sur les toits de Varanasi attend le vent pour faire du cerf-volant. Tout s’est passé très vite, très simplement, l’homme s’est assis et le cadre était parfait, mais il m’a fallu quelques mois pour me rendre compte de ma chance.

Rome, Cimetière de Campo Verano, 2008.

Quand je voyage j’essaie toujours de visiter les cimetières. Ces lieux en disent beaucoup sur une ville, sur la façon dont les hommes se comportent, Verano est lieu extraordinaire, encore plus beau et sensuel que le Père Lachaise, malgré le peu de soin apporté à cette pierre. Et puis je pense que l’on peut faire le portrait d’une femme qui n’est plus, non ?

Paris, Foyer Soundiata, 2008

Entre 1997 et 2009 je suis allé voir mes amis sénégalais, j’ai voyagé en restant dans le 13è arrondissement grâce à eux. Et quelle école du temps ! prendre le thé prend 3 heures, j’ai toujours essayé de faire des photos avec eux, pour eux.

Paris, 2013

Une image arrivée presque par accident, la séance avait commencé par une toute autre lumière, et puis ça s’est mis en place, naturellement, j’aime beaucoup cette photo, et j’ai hâte de continuer cette série, alors si vous avez envie de poser pour moi, contactez moi j’en serais ravi.

 

Le travail de Wilfried Antoine Desveaux est à découvrir sur ses sites:

http://wad-photographie.com/

http://delhitodelhi.tumblr.com/

http://compactcamerashit.tumblr.com/

Dernière mise à jour le 28/12/2016

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