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Georges Noblet

Digixo Passion Photo : Comment êtes-vous arrivé  la photographie ?

Georges Noblet : Dès l'enfance, premières images avec un Lumière Folding à soufflet. Puis lors de mon service militaire en Polynésie, sur l'atoll de Hao (Tuamotu), j'ai été affecté au rayon photo dans le magasin du foyer, où je vendais appareils, caméras et pellicules. Et la nature était superbe ! Elle a fait le reste. Puis, lors de mes nombreux voyages, le goût de l'image s'est imposé fortement à moi.

DPP : Comment vous êtes-vous formé ?

GN : Par la pratique, éclairée par des livres d'initiation et de conseils de photographes (Bau et Thevenet), l'étude des photos des maîtres du genre, et des rencontres. Et aussi le cinéma. Je suis cinéphile. Mais surtout, il faut beaucoup, beaucoup pratiquer, pour progresser, se tromper, se corriger et apprendre chaque jour que l'on ne sait rien ! Chaque matin, à  l'aube, je marche de 8 à 12 kms et je recueille de 200 à 400 images. Je suis heureux s'il y en a une excellente !

DPP : Quel est votre matériel photo fétiche ?

GN : SIGMA, pour la singularité des capteurs Foveon, en toute liberté de choix. C'est le résultat à «part» qui m'a fait choisir ce procédé depuis plus de 10 ans. Parce que c'est le seul à donner un rendu qui rappelle l'argentique, et surtout la diapo, tout en allant plus loin. Avec cet effet unique tridimensionnel qui va au-delà  de la photographie conventionnelle. Tous ceux qui ont vu mes tirages au salon de la Photo depuis 2006 ont pu le vérifier. Actuellement, j'utilise les DP2M et DP3M, le SD1 avec les remarquables optiques Art | 18-35mm F1.8 DC HSM, Art 50mm F1.4 DG HSM, APO 50-150mm F2.8 EX DG OS HSM, APO 70-200mm F2.8 EX DG HSM, 8-16mm F4.5-5.6 DC HSM et bien d'autres. Et enfin le tout dernier, incroyable de piqué et de définition, le DP2 Quattro où l'on rivalise avec les moyens formats !


DPP : Comment vous définiriez-vous comme photographe et artiste ?

GN : Comme un poête, cueilleur d'images, à  l'insatiable curiosité. Et comme un étudiant. Et comme un artisan.

DPP : Vous êtes un artiste aux multiples talents entre peinture, restauration et photographie, votre sensibilité artistique ressort-elle de manière identique sur ces différents supports ?

GN : Non. La peinture exige énormément de temps d'observation, d'exécution, de corrections et de profondeur dans le sentiment. La photographie est plus dans l'instant, voire dans l'instantané. Mais l'une et l'autre exigent une grande sensibilité et une intense concentration. Mais dans les deux cas, c'est l'image qui me saisit avant que je ne la saisisse.

La restauration est très scientifique et artisane. Elle exige le respect absolu de l'oeuvre originale et une grande rigueur technique. Le but n'est pas de la repeindre ou de la rendre «neuve», mais de restaurer les altérations dues au vieillissement, aux accidents, à  l'humidité, aux erreurs techniques etc. afin qu'elle soit à  nouveau lisible. Et de prolonger sa durée dans le temps. C'est tout, sauf « artistique». Mais c'est un remarquable complément, hautement pédagogique !

DPP : Par quels artistes anciens ou contemporains vous sentez-vous influencé dans votre travail photographique aujourd'hui ?

GN : Par les grands Vermeer, Turner, Georges de La Tour, Calame et bien d'autres maîtres en peinture. C'étaient de grands précurseurs de la photographie. Pour les « modernes», Dali a été un maître pour moi, puisque c'était l'un des rares à  s'être forgé à  l'exploration des maîtres anciens. J'ai beaucoup appris de lui techniquement. J'utilise d'ailleurs les mêmes pigments et ambre dissout. Et aussi Norman Rockwell et Zao Wou Ki. Et beaucoup d'autres ! J'ai donc fait le même parcours, avec énormément de travail et de recherches optiques et visuelles. Ils m'ont appris à regarder, regarder, regarder sans cesse. Mais surtout avec son cœur. En photographie, les autochromes des frères Lumière, Cartier-Bresson (qui était peintre aussi), Doisneau (pour la tendresse), Brassaï, Depardon (incroyables clichés de l'asile de Naples !), Curtis, Vivian Maier, Nils Udo (pour la poésie "naturelle") Arthus-Bertrand, Salgado, René Maltête et bien d'autres.

DPP : Vous êtes président du concours photo Digixo  "La Nuit ", en partenariat avec SIGMA France, quels conseils donneriez-vous aux photographes qui vont participer à ce concours ?

GN: De proposer des images qui ont une âme, qui racontent une histoire. Base même de toute bonne photo ! La nuit n'est pas que ténèbres, elle peut être aussi clarté.

DPP : Quels sont vos projets photographiques pour 2013-2014 ? Allez-vous explorer d'autres domaines photographiques ou artistiques ?

GN: J'ai un projet de livre en cours de réalisation. Des voyages en perspective dans des lieux «forts» photographiquement, comme l'île de Skye, aux Hybrides. Un gros travail d'inventaire photographique sur l'œuvre d'un excellent peintre impressionniste provençal, ami de Mistral, , dont j'ai commencé à restaurer les œuvres. Aussi un projet de conférences/croisière, sur de beaux voiliers, avec projections, sur la restauration des œuvres d'art.

DPP : Des événements prévus ? Des expos où l'on pourra vous rencontrer prochainement ?

GN : Le Salon de la Photo à Paris. Une expo à Turin.

DPP : Pouvez-vous choisir et nous commenter 5 photos de votre portfolio ?

GN :

Harpe de Lumière

Cette image, est prise un matin de printemps au Parc de la Tête d'Or. La conjugaison d'un trait de soleil et de la bruine d'un arrosage automatique a généré cette scène extraordinaire et rare d'un arc-en-ciel sous les frondaisons. Le merveilleux est souvent présent dans la vie ordinaire ! Cette photo, tirée d'un de mes livres "Lyon, Bellissima ! ", a été utilisée dans plus de cinquante articles en différentes langues sur Wikipédia.

Sigma SD10- SIGMA 28-200 F3.5

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« Cygne» :

Ce cygne, que j'ai pris au 200mm (300 en conversion) à main levée, s'ébrouait juste avant de prendre son envol sur le Rhône. J'aime beaucoup cette proximité de l'animal, la ligne forte et majestueuse du mouvement, avec beaucoup de grâce, la finesse des détails du plumage, ses subtiles nuances de blanc et le jeu de la lumière et des gouttelettes. L'image en tirage en grand format, est particulièrement belle et d'une grande présence.

SIGMA SD15 - SIGMA APO 70-200mm F2.8 EX

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« Livre à  la chandelle»

L'idée m'est venue un soir dans mon atelier. J'ai installé sur la table de noyer deux vieux ouvrages sous la flamme d'une chandelle en cire d'abeille, qui donne une lumière plus douce et cuivrée que celle des bougies blanches en stéarine. Le livre ouvert est le «Recueil de Remèdes» de Madame Fouquet, qui date de 1688. La plume d'oie me sert pour la calligraphie. L'ambiance, douce et intimiste, me rappelle celle des tableaux de Georges de La Tour, peintre que j'affectionne beaucoup et dont j'enseigne les techniques et les oeuvres depuis 30 ans. J'aime le jeu de la lumière sur les pages, en transparence, sur le bois. Cela me semble bien retranscrire ce que l'on ressent de paix et de silence, de douceur, tard dans la nuit. Comme hors du temps et du monde.

SIGMA SD14- SIGMA 18-50mm F2.8

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« Le Style n'a pas Péri»

Image prise sous les arcades du péristyle du Musée des Beaux-Arts de Lyon, un matin, à  la volée. Ces voûtes qui cernent un jardin magnifique, génèrent une lumière et une perspective des plus intéressantes. Une femme qui passait, de noir vétue, à la robe longue, est le point-orgue de la scène, et donne un caractère quasi espagnol à l'histoire. On pourrait se croire dans le palais de l'Escurial. Un instantané. Je ne pouvais rêver mieux !

SIGMA SD14 - SIGMA 18-50mm F2.8

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«Briques Haut Marchées»

Prise à Turin, j'ai été frappé par la «modernité» des lignes de ces murailles de briques polygonales (La porte Palatine romaine date du 1er siècle) qui contrastaient magnifiquement avec cet encorbellement de marches noires, ensauvagées par d'élégantes herbes folles. Les couleurs étaient puissantes et chaudes. Le peintre na pas résisté !

SIGMA DP3 Merrill

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« Quai des Brunes»

J'ai été touché par la pureté de la ligne, la composition, l'équilibre de la scène, la texture des matières que le SD1 restitue admirablement (j'y suis très sensible), la sérénité qui se dégage de ce moment.

Sigma SD1 - 70-200mm F2,8 EX DG APO OS HSM

Découvrez le travail de Georges Noblet sur ses sites :

http://www.pbase.com/ianvermeer

http://www.georges-noblet.book.fr/

 

Dernière mise à jour le 28/12/2016

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Commentaires

Maud - mercredi 3 septembre 2014
Quel talent !
bravo monsieur le photographe ... j'ai beaucoup aimé la définition d'ailleurs .... poête, cueilleur d'images, à l'insatiable curiosité...
j'espère vous rencontrer au salon de la photo ...
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