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Philippe Garcia

Digixo Passion Photo : Comment avez-vous découvert la photographie?

Philippe Garcia : C'est mon oncle qui m'y a initié, sur un appareil argentique lorsque j'avais 7 ou 8 ans. J'ai ensuite eu un polaroid, puis lorsque j'avais 12 ans, j'ai travaillé avec mon père tout le mois de Juillet afin de pouvoir me payer mon premier reflex.

 

DPP : Comment vous définiriez-vous comme photographe?

PG : Je suis un touche à tout, plutôt à l'aise techniquement, ce qui me permet de pouvoir m'adapter à toutes les situations. J'essaye d'apporter une touche d'originalité dans mes images, tout en soignant particulièrement cadrage et composition dès la prise de vue. Je passe peu de temps en post-traitement, et j'essaye toujours d'imaginer ma photo avant de la prendre.

 

DPP : Quel est votre matériel photo fétiche? Pourquoi?

PG : Quand je suis en reportage sportif, j'utilise très souvent un reflex canon muni d'un 2,8/70-200. J'aime les cadrages serrés et la flexibilité de cet objectif. Suivant le sport que je shoote, je peux lui associer un 5D ou un 1D pour faire varier le grossissement avec les différents formats de capteur, mais je garde toujours le 70-200 comme objectif de base, et parfois je lui associe un 300 ou un 50mm fixes.

 

DPP : Qu'appréciez-vous dans le moyen d'expression qu'offre la photo?

PG : La photo me permet de montrer des choses que les gens ne voient pas, surtout dans le domaine des sports ou les actions sont très rapides, et la vision des spectateurs brouillée par l'environnement et le mouvement. Une belle photo de sport, captée au bon endroit et à l'instant décisif, aucun spectateur ne peut la voir en live, c'est ce que je trouve magique, comparé à la vidéo par exemple.

 

DPP : Vous êtes spécialisés dans le domaine de la photo de sport, cette spécialisation requiert-elle des techniques particulières bien propres à elle-même ou est-elle facilement accessible?

PG : Il existe bien sûr des techniques de prise de vue plus compliquées que d'autres, notamment dans le domaine de l'éclairage ou du déclenchement commandés. Mais la plupart des images de sport sont réalisables avec un boitier rapide et un objectif lumineux. On peut également faire de magnifiques filés avec l'appareil le plus pourri du monde… en fait ce n'est pas difficile de faire une bonne photo de sport, il faut juste maitriser son matériel et faire preuve de créativité. Ce qui est difficile c'est de maîtriser tous les types de photos sportives, et notamment dans les disciplines différentes, car chacune a ses spécificités.

 

DPP : La photo de sport évolue-t'elle constamment, à l'instar des sports eux-mêmes?

PG : Bien sûr, comme dans tous les domaines de la photographie, elle évolue avec les sports et avec les progrès technologiques. Il y a aussi des évolutions de mode, notamment dans les sports extrêmes, où certains styles ou figures sont à la mode, ou pas !

 

DPP : Quelles sont vos envies et vos sources d'inspiration lorsque vous êtes sur le point de shooter pendant une compétition?

PG : Je recherche avant tout le meilleur angle, pour avoir dès la prise de vue un cadrage et une composition au top. Cela implique par exemple en VTT de reconnaitre la piste, comme le font les pilotes, afin de connaitre les meilleurs spots et de savoir dans quelle tranche horaire ils seront bien éclairés.

 

DPP : Vous avez écrit de nombreux ouvrages sur la photo moderne, comment qualifieriez-vous les dernières tendances en la matière?

PG : Je ne pense pas que les tendances de la photo changent fondamentalement. Ce qui change rapidement, ce sont les possibilités du matériel qui permettent de plus en plus de choses aux simples amateurs. Après, certains photographes du siècle dernier avaient des cadrages et des compositions tout aussi modernes que celles des grands photographes actuels. Ce qui fait la force d'une photo n'a pas changé, c'est la facilité de l'obtenir qui progresse.

 

DPP : Vous vous essayez également aux portraits et aux photos de nature, y'a-t'il entre ces deux univers et celui du sport des points communs que vous retrouvez globalement à travers votre style?

PG : Cela fait très longtemps que je fais du portrait, du nu, de la photo animalière, et tous ces domaines sont intimement liés. Les évolutions de style dans un domaine viennent souvent d'un autre domaine, qui est un peu plus en avance ou qui a pris une direction différente. C'est typique en photo animalière par exemple, ou les gens ont cherché pendant des années à avoir des animaux en gros plans. Aujourd'hui, les meilleurs photographes comme par exemple Vincent Munier, ont un style qui est entièrement basé sur les ambiances avec des compositions très aérées. Et on retrouve cela dans la photo de sport extrêmes également.

 

DPP : Que souhaitez-vous transmettre à ceux qui regardent vos photos?

PG : J'espère simplement leur faire partager une atmosphère, un moment qu'ils n'ont pas eu la chance de voir ou d'identifier.

 

DPP : Une nouvelle année vient de commencer, pouvez-vous nous révéler avec quels projets vous l'entamez?

PG : Je vais continuer de suivre les championnats internationaux dans ma discipline de prédilection, la descente VTT. Mais cette année, je m'offre également deux mois de "vacances photographiques" en Islande, où je vais un peu m'isoler du monde et chercher des ambiances naturelles. Tout en repérant des spots potentiels pour réaliser des images de VTT originales...

 

DPP : Pouvez-vous choisir pour nous 5 de vos photos préférées que vous ayez faites, et nous les commenter?

Photo 1 : J'aime cette image pour sa composition: Le pilote n'est pas photographié sous un angle très esthétique, mais son ombre oui. Si on rajoute la lumière rasante qui illumine le maillot et la poussière, on obtient un ensemble très esthétique.

 

Photo 2 : On ne peut pas faire une sélection de photos de VTT sans un bon filé. En voici donc un, simple mais efficace.

 

Photo 3 :  Cette image est destinée aux initiés. Elle rentre dans le cadre d'un reportage. Le pilote anglais, reconnaissable à ses gants pour les connaisseurs, salue le public écossais qui l'a littéralement porté pendant la course.

 

 

 

Photo 4 : Cette image est typique de ce que j'aime faire coté originalité. Alors que tous mes collègues photographes cadraient la sortie de ce virage au 300mm, j'ai utilisé le 85mm pour inclure l'arbre qui domine la scène et replacer ainsi le pilote dans son élément.

 

Photo 5 : J'aime également ce type d'image "pas très propre et conventionnelle", tant que l'action y est à son avantage. Ne vous y trompez pas, c'est bien plus difficile de cadrer une action dans un petit trou entre les arbres que sur un terrain dégagé...

 

 

Retrouvez les photos de Philippe Garcia sur son site Internet http://www.philippegarcia.net/

Participez et votez pour les photos des participants sur le concours photo "La photo sportive" organisé par Digixo en partenariat avec GoPro et XSories jusqu'au 20 avril 2015.

 

Dernière mise à jour le 29/08/2018

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