Passion Photo

Notre webzine photo

Tout savoir sur l'actualité des nouveaux produits photo

Antony Gomes

Digixo Passion Photo : Comment avez-vous découvert la photographie?

Antony Gomes : J’ai découvert la photographie alors que j’étais encore étudiant en informatique. Cela a commencé par une photo et un échange avec un photographe puis, le lendemain, je me retrouvais avec les ouvrages de Scott Kelby sur mon chevet. J’ai mis relativement du temps à me lancer dévorant ainsi une multitude d’ouvrages et regardant un grand nombre de supports sur le sujet.

 

DPP : L'univers de la pop culture vous a bercé lors de vos débuts dans la photo, est-ce toujours une constante qui vous influence?

AG : Cette constante influence constamment mon travail, mais il ne faut pas avoir peur de sortir de ses zones de confort afin de pouvoir évoluer.

 

DPP : Quel est votre matériel photo fétiche? Pourquoi?

AG : Mon matériel fétiche se compose de la sorte :

En objectif je dirais surtout mon 70-200 (Nikon 70-200 VR II 2.8) et mon 50mm 1.4 qui me suis depuis le début. Après je ne peux dénier l’utilisation de flash et/ou de lumières continues. Cependant, je dirais que tout est bon à prendre. J’ai toujours deux flash Cobra dans mon sac au cas où.

 

DPP : Dans la continuité de la pop culture, vous avez continué par la suite dans le traitement des couleurs. Cette évolution vous semble-t'elle incontournable et logique?

AG : Je pense que le traitement des couleurs fait partie intégralement de mes travaux photographiques et elle impacte la totalité de mes clichés. Cependant, il ne faut pas chercher à mettre de la couleur pour mettre de la couleur. En effet, c’est la modèle et/ou le thème qui vont nécessiter d’accentuer certains détails, l’ambiance et le lieu par l’utilisation de la couleur. De plus, j’aime beaucoup travailler en noir et blanc, et l’utilisation de couleur peut être très intéressante dans le traitement monochrome.

 

DPP : Qu'appréciez-vous dans le moyen d'expression qu'offre la photo?

AG : Ce que j’apprécie dans la photo est le caractère « réel» de ce moyen de m’exprimer. En effet, lorsque j’ai une idée en tête ou un projet vient à moi je le vois comme un énorme puzzle aux multiples possibilités de résultats et c’est à moi de trouver le bon ordre afin de ressortir l’image que j’ai en tête. De plus, c’est un réel échange d’un point de vue humain qui me permet d’avancer d’un point de vue personnel.

 

DPP : Vous obtenez des visuels très impactants en ne faisant cependant que très peu de retouches et de post-production, quelles sont vos astuces? Comment arrive-t'on à faire autant avec si peu?

AG : Je cherche à avoir les couleurs que je souhaite dès la prise de vue. Ceci est un mélange d’utilisation de gélatine sur mon flash Cobra tout en combinant l’utilisation d’un filtre polarisant et la gestion de ma balance des blancs via la température. De plus, vous serez surpris de ce que l’on peut faire avec des objets simples du quotidien. J’ai toujours quelques accessoires afin d’essayer de voir le rendu que ces derniers peuvent apporter. (Exemple : prisme, lentilles, etc..)

 

DPP : Vous vous êtes également spécialisé dans le domaine du portrait et celui de la photo d'événements culturels, y'a-t'il donc dans ces deux thématiques des analogies que vous retrouvez dans toutes vos méthodes de travail?

AG : Je dirais que le côté « ponctuel » de ces deux domaines me semble tout aussi intéressant. Lors de la réalisation de portraits, il faut souvent réussir à s’effacer afin de rendre les expressions plus naturelles et vivantes, ce qui me fait penser aux reportages où nous autres photographes sommes parfois « invisibles ».

 

DPP : L'approche des ombres et des lumières semblent occuper une place importante dans votre travail. Est-ce une sensibilité que vous vous efforcez de conserver sur toutes vos prises?

AG : Je trouve que ce mélange permet d’apporter un contraste intéressant aux clichés afin de renforcer l’ambiance et ce qui dégage de la photo.

 

DPP : Quels sont vos projets photographiques pour 2015? Allez-vous explorer d'autres domaines photographiques, voyager ?

AG : Pour 2015 je souhaite sortir de mes zones de confort, m’affronter à de nouvelles techniques et aussi partager, afin de montrer ce que nous pouvons réaliser en poussant sa créativité. Quelques voyages sont prévus mais je ne peux rien dire pour le moment.

 

DPP : Pouvez-vous choisir pour nous 5 de vos photos préférées que vous ayez faites, et nous les commenter?

Photo 1 : Je voulais mettre en avant l'utilisation de la couleur afin de créer une ambiance globale. Le souhait de cette séance (cliché) était d'aller plus loin que la simple utilisation de couleur en tant que lumière secondaire. Je voulais que chaque personne regardant cette photo ne soit pas "choquée" et adhère dès le premier regard à l'ambiance de cette photo.

 

Photo 2 : Utilisation d'un fond dégradé créant une texture intéressante. En effet, je voulais que le fond ne soit pas un simple moyen d'unifier le fond mais fasse partie intégrante de l'ambiance de la photo. L'utilisation d'un flash avec un bol + gélatine m'a permis d'apporter de la couleur au fond imposant ainsi une ambiance au cliché. La texture a été légèrement accentuée en post-production.

 

Photo 3 : Je voulais trouver un moyen de réaliser un cliché dans un lieux (ici, les escaliers) pouvant être très difficile à appréhender en vue de la place allouée mais ayant un fort potentiel. Afin d'apporter une ambiance douce et créer l'atmosphère de ce cliché je voulais une lumière assez douce et chaude. J'ai donc utilisé la lumière pilote de mon flash afin de travailler en condition plus "naturelles".

 

Photo 4 : Cette photo fut réalisée de nuit, mais je ne voulais pas que la modèle ne soit pas incorporée totalement à son environnement. Le choix d'utilisation d'une lumière "chaude" pour mon sujet m'a permis d'accentuer le contraste en elle et son environnement ainsi qu'augmenter le côté "mystérieux" de la ville de nuit.

 

Photo 5 : Je voulais mettre en avant le mouvement. L'utilisation de farine m'a permit d'accentuer l'intensité du mouvement et l'impact de ce dernier. En effet, il est plus facile de voir l'interaction du mouvement avec son environnement.

 

Retrouvez le fabuleux travail d'Antony Gomes sur son site Internet : http://www.antonygomes.com/

 

 

Voilà quelques temps que nous nous sommes entretenus la première fois avec Antony Gomes. Nous lui avons confié entre temps deux optiques de chez Lensbaby pour lui permettre de se forger une idée de ce type de matériel. Retour sur son expérience...

 

Digixo Passion Photo : Vous avez eu le plaisir de tester les optiques Sweet 35 et Edge 80, l'aspect créatif souvent mis en avant par Lensbaby était-il présent au RDV?

 

Antony Gomes : Oui, il était même déroutant au début. On ne s'attend pas à pouvoir obtenir des effets dès la prise de vue, que des personnes comme moi ont l'habitude de rajouter en post-production. L'effet tilt-shift change un peu l'approche au niveau du cadrage. On va avoir l'envie de retourner sur une optique équivalente  afin de vérifier son caddrage pour ensuite rajouter le même effet avec le flou qu'est l'effet tilt shift de Lensbaby. Même si on commencer à s'appropier l'objectif, il restera toujours un aspect non maîtisé qui rajoute un certain cachet à la photo. Les optiques sont moins faciles à prendre en main que ce que je pensais. Je pense qu'il s'agit avant tout d'un travail de recherche, et qu'il faut aller dans la continuité de ses travaux, afin de comprendre en quoi au juste Lensbaby peut rajouter une touche créative à son propre style.

 

DPP : Dans le cadre de vos essais réalisés avec le Edge 80, jusque dans quelle mesure le fait de jouer avec l'ouverture manuellement ajustable du diaphragme vous a-t'il permis de repousser les limites de ce qui est plus traditonnellement réalisable avec une optique dite "classique"?

 

AG : J'ai souvent un peu peur de cadrer trop serré sur les portraits, mais avec cet effet de flou, et le fait qu'on gère d'abord l'ouverture, et le cadrage dans un second temps, cela m'a permis de chercher quelque chose que je n'avais pas l'habitude de mettre en avant. Capturer le regard, et les expressions au centre de ma photo, ou en légèrement décalé, puisqu'on a avec cette optique la possibilité dans un second temps de décaler le cadre et réajuster le focus. On peut facilement avoir l'impression de commettre des erreurs au début, mais si on fait une mise au point sur une zone en particulier, cette netteté sera toujours là bien sûr. Je travaille beaucoup en pleine ouverture, et moi qui suis souvent entre f/2.8 et f/3.2, de ce fait, le flou venait très rapidement. Mais c'est aussi ce qui m'a justement poussé à me rapprocher, et à essayer de capter des éléments que je n'avais pas auparavant, de montrer plus avec moins.

 

DPP : Le fait d'intéragir directement sur l'image dès la prise de vue, donne-t'il rééllement des effets plus "propres" que ce donne la post-production? Vous qui affectionnez tout particulièrement l'image telle qu'elle a été prise sur le vif, est-il facile d'avoir l'impression de composer avec des after-effects en temps réel?

AG : Avec les outils qui sont à notre disposition aujourd'hui comem LightRoom et PhotoShop, nous avons tellement de paramètres disponibles, ne serait-ce qu epour la gestion du flou, que je pense que cela fait souvent même presque trop "propre" justement. Je m'applique à obtenir un résultat non régulier, très léger, puisque tout dépend au final du type de liieu, de l'éclairage, et de bon nombre d'autres paramètres. Avec les optiques de Lensbaby, c'est un peu comme si on se retrouvait directement face à un écran et qu'on jouait avec deux molettes, pour la mise au point et le fait de décaler l'optique, mais en temps réel. Adopter ce matériel peut également changer les habitudes de retouche, en ce qui concerne la gestion de couleurs, ou encore le traitement de peau. Tout ce flou dès la prise de vue, peut aider certains photographes à considérer certains "défauts" comme partie intègre de la photo finale. C'est aussi comme cel qu'on se rend par exemple compte qu'une photo parfaite, n'est pas forcément extrêmement "propre" au niveau peau, ni au niveau décor, car le parfait est fait d'imperfection, et je pense que c'est dans cette direction que tend Lensbaby.

 

DPP : En termes de prise en main, laquelle de ces deux optiques vous a-t'elle semblé la plus simple à apprivoiser? Pourquoi?

 

AG : Les deux se situent à peu près à même niveau, mais je dirais que j'ai eu plus de facilité avec le Edge 80, de par le type que photo que j'ai l'habitude de faire, et par rapport à sa taille. Celui-ci est en effet un peu plus grand, et le flou est plus marqué dès le début. Je sais aussi que sur des plans panoramiques, le flou du Sweet 35 m'a paru plus marqué que sur celui du Edge 80, et inversement. Le Edge 80 va marquer le flou dès le début et de façon impressionnante lorsqu'on passera sur des axes verticaux. Lors du test, j'étais plutôt orienté vers une vision portrait, et en me rapprochant des modèles, j'ai pu apprendre à découvrir les fonctionnalités du Edge 80.

 

DPP : Indéniablement orientée vers la photo de portrait, l'optique Edge 80 peut allègrement se targuer d'être pour le moins polyvalente. On sait par exemple qu'elle peut tout autant se prêter à la photographie culinaire comme au paysage. A choisir entre ces trois spécialités , y'a-t'il un usage par excellence qui vous semble le plus approprié pour ce type d'optique?

 

AG : Pour le fun et la créativité, c'est la photo de portrait qui convient le mieux à cette optique. Pour une utlité plus quotidienne et plus porfessionnelle, je pense à un usage orienté vers le packshot culinaire, grâce au mode macro de l'optique. Quand certaines parties d'un plat sont à mettre en avant avec une bonne profondeur de champ, le fait d'avoir ce tilt shift proche est vraiment approprié. En ce qui concerne le paysage, je ne suis pas assez expert en la matière pour juger, mais je pense qu'il sera toujours plus difficile de gérer un tilt shift lorsqu'on est sur un axe parfaitement plat. Cela sera toujours plus simple en prenant une ville de hauteur par exemple.

 

DPP : Avec la longueur focale, la profondeur de champ et le flou qui entoure l'arrière-plan proposés par l'optique Sweet 35, a-t'on trouvé une nouvelle façon amusante et dans l'air du temps de mettre des sujets en valeur? Quelle serait d'après vous le destination par excellence qu'on puisse réserver à cet objectif?

 

AG : Tout dépend du lieu où on se trouve. Cette optique permet globalement de détourer un sujet de manière très saillante, et de le faire complètement ressortir. En milieu urbain, avec de l'architecture pure, cela pourrait parraitre trop pronnoncé. Attention, donc, dans ce cas, à ne pas prendre de clichés en pleine ouverture.

 

DPP : Y'a-t'il une nouvelle dimension que cette technologie mise au service de la photo puisse apporter à votre travail? Comment pensez-vous appréhender vos prises de vue par la suite? Y'a-t'il une façon particulière d'envisager la photo à travers le prisme de Lensbaby?

 

AG : Cela change fondamentalement la manière d'appréhender les photos. Avec un peu plus de travail, et de recherche, cette nouvelle façon de voir les choses pourrait tout à fait intégrer mon style photographique. J'aime me remettre en question en continu, que chaque cliché apporte quelque chose de particulier. Je ne peux pas encore prétendre maîtriser le Lensbaby, mais à termes, je compte apporter une autre vision à mon travail. En fonction des lieux et des types de lumière, on peut apporter un autre rendu que celui qu'on pourrait avoir en temps normal. Je pense que dans une série, avoir des clichés pris avec des optiques traditionnelles, et un ou deux avec une optique Lensbaby pourrait créer un bon complément. Je travaille beaucoup avec les couleurs, donc je pense que cet effet de flou en pause longue, peut réellement apporter quelque chose de neuf.

 

DPP : L'utilisation et le résultat qu'on a d'une optique Sweet 35 peuvent énormément varier en fonction de si l'on possède un boîtier avec capteur plein format ou APS-C. D'après vous, qu'est-ce qui fait la photo au final? Le boîtier? Son optique? L'homme derrière la machine? Ou les trois?

 

AG : C'est un savant mélange des trois, sans pour autant prendre le boîtier comme un élément important dans cette équation. Quel qu'il soit, le fait de disposer d'un APS-C, d'un full frame, ou d'un 4/3, permettra toujours de bénéficier d'un rendu intéressant. Il suffit d'apprendre à observer comment réagit son boîtier, et à sortir de ses sentiers battus. Je pense que Lensbaby essaie d'inciter ses clients à être créatifs et à oser. Il faut vraiment ne pas hésiter à sortir de ses standards. Le photographe aura ses propres idées, et en fonction de jusqu'où il peut aller avec la profondeur de champ, et l'ouverture par exemple, c'est à lui de creuser et de travailler autour de ça. Dans l'absolu, on peut quasiment tout obtenir, jusque dans les limites du capteur. 

 

DPP : Comme nous l'avions vu au cours de votre précédente interview, la culture pop vous autant bercé qu'influencé. Recommanderiez-vous typiquement ces deux optiques à des photographes de votre style uniquement, ou sauront-elles d'après vous séduire un public beaucoup plus large?

 

AG : Tous ceux qui ont suivi mon parcours devraient être séduits par ce type d'optique. Cela les aiderait probablement à sortir de leurs lignes de confort, et chercher à être les plus xcréatifs possibles. Dans un univers pop, on peut facilement avoir l'impression d'évoluer dans un univers sans limite. Dans ce cas, autant ne plus avoir à faire à des barrières dès la prise de vue. Même si la prise en main n'est pas si facile à acquérir, il ne faut pas s'arrêter à cela. En ce qui concerne le Edge 80 en particulier, je pense que cette optique s'offre à un large public, et qu'elle permet d'obtenir très rapidement de beaux résultats.

 

DPP : D'après votre retour d'expérience, que doit-on en somme penser de ces objectifs? Simple effet de mode? Ou preuve de l'évolution moderne de la photo?

 

AG : Malgré ce que l'on peut voir avec l'évolution technique des appareils qui cherchent toujours à faire le travail le plus clean, il ne faut pas oublier que faire de la photo, c'est aussi être créatif. Lensbaby a été le premier à proposer des optiques qui permettent d'obtenit ce genre de rendu. Est-ce que cela fera partie du futur de la photo? Non, car cela fait déjà partie de son passé, de son présent, et de son avenir. Ce sera un point d'entrée, pour nous montrer ce que la technologie peut nous apporter du point de vue de la propreté de l'image, mais tout ce qui est créatif reste essentiellement humain, et donc encore à imaginer par le photographe.

 

DPP : Pouvez-vous choisir pour quelques unes de vos photos préférées que vous ayez faites avec ce matériel, et nous les commenter?

 

AG : Pour ces deux clichés; je me suis confronté à l'utilisation en lumière naturelle dans un temps limité (événement ) afin de voir comment cette optique pouvait être prise en main dans des cas "rapides". De plus ; c'était intéressant de voir comment l'intensité de la lumière pouvait réagir en fonction de la luminosité des zones (en étant surexposées ou non) - Photos prises au Edge 80.

 

 

AG : J'ai profité d'un voyage en Islande afin de voir comment le sweet 35 pourrait jouer dans sa fonction la plus connu le tilt-shift de paysage.

 

 

AG : Je voulais voir comment le Edge 80 pourrait impacter les différents éléments sur plusieurs plans.
Sur ce cliché j'ai joué avec des éléments en premier plan (fleurs) afin de créer une sorte de flou coloré.

Dernière mise à jour le 28/12/2016  (LD)

Réagissez !

Votre email ne sera pas visible
 
Veuillez saisir le code de sécurité
Ce code est nécessaire pour prouver que vous n'êtes pas un robot

Commentaires

Il n'y a pas eu de réaction sur cet article. Soyez le premier à réagir !

Top